L’église de GRATTEPANCHE, construite en pierre, est de style gothique et date du début du 16ème siècle.
Le Saint-Sacrement (Eucharistie ou Fête-Dieu – 1906)
« Ces graffiti appartiennent de plein droit à notre patrimoine et à ce titre méritent attention et protection lors des opérations de ravalement ou de restauration des murs de l‘église. » (Prières des murs-graffiti anciens de C Montenat et M.L Guiho-Montenat)
La variété de ces vêtements implique pour chaque paroisse une richesse que la plupart des prêtres n’a jamais eue. Ces habits étaient offerts par les familles de la paroisse et parfois brodés par les « ouailles »*. Ils font donc partie du patrimoine au même titre que les cloches de l’église ou les statues. Les paroissiens rivalisaient souvent pour offrir les plus beaux, velours, soies, broderies… Ces vêtements étaint entreposés dans des meubles spéciaux : à tiroirs plats et larges, les chasubliers ou à larges porte-manteaux, les chapiers appelés plus communément buffets de sacristie.
* Le mot « ouailles » n’était pas péjoratif (du bas latin ovicula, de ovis = brebis). Personnes confiées à la direction d’un pasteur spirituel.(Le Horsain- Bernard Alexandre, Terre Humaine 1988)
Le sonneur qui était de service à chaque cérémonie, n’a plus qu’à appuyer sur un bouton !
Ainsi le village de GRATTEPANCHE, dont le nom à la rime répugne, aurait dit Théophile GAUTIER, dépendait de la Baronnie de Boves. A la date du 21 Septembre 1751, les habitants de ce village adressèrent à Monseigneur Louis-François-Gabriel de LAMOTTE d’Orléans, Evêque d’Amiens, la supplique suivante : « …supplient très humblement les habitants du village de GRATTEPANCHE, disant que leur paroisse lui est sous l’invocation de SAINT-CYR et SAINTE-JULITTE, et l’une des anciennes églises cures de notre diocèse, se trouve sans pasteur depuis de nombreuses années. Les suppliants se croient fondés à demander à votre Grandeur qu’il lui plaise remplir ce bénéfice vacant. Le droit de votre Episcopat, Monseigneur, et votre charité y sont engagés. »
Dans l’église de Grattepanche, on y voit les louanges qui consacrèrent à la pitié et à la vigilance de deux de leurs pasteurs, les Pères des Suppliants. Tous les baux des Messires du Chapitre d’Amiens à leurs fermiers de Grattepanche, font fort que « dix huit gerbes appartiennent au curé de Grattepanche ».
La chaîne de ces mêmes curés s’est interrompue sans qu’il soit au pouvoir des suppliants d’en reconnaître la cause. Il leur faudrait percer la muraille où reposent les archives de Messieurs du Chapitre Luy qui acquitte les Dimanches et les Fêtes, la messe à la décharge de leur Paroisse ou Bénéfice Curial. Cependant la tradition qui sans une punition divine ne s’altéra jamais dans les causes de la Religion a perpétué d’âge en âge la consécration première de l’église de Grattepanche sous le titre Curial.
Les mouvements propres à la religion, fonds de régénération, presbytères, creux de l’église, tombeaux et sépultures communes et généralement tous les appareils et instruments sont dediés au culte des autels, aux cérémonies ou aux besoins relatifs de la religion. Tous ces monuments sont des actes sensibles, des preuves constantes que l’église de Grattepanche n’a été privée d’être gouvernée par des pasteurs ou curés en titre que par une fatalité propre des événements humains.
La prudence de nos légitimes souverains y a cependant prévu dans les règlements concernant les bénéfices cures des paroisses, en ordonnant l’érection dans celles composées de dix feux. Or, celle des suppliants est de soixante et dix et plus. C’est ce qui fait qu’ils ne regardent la privation où ils sont d’un curé en titre que par leur négligence dont ils s’avoueront coupables.
Rumigny et Grattepanche sont deux bénéfices cures incompatibles dans le même sujet. Pour que l’union puisse avoir lieu il faudrait supposer un consentement des parties intéressées comme Patron Seigneur et Paroissiens. Ces derniers n’ont cessé de réclamer bien loin de consentir. Votre Grandeur n’a jamais entendu enfreindre les règlements en chargeant le curé de Rumigny du poids de deux paroisses encore moins restreindre les droits de votre épiscopat. Si l’ordre des Curés de votre Diocèse, Monseigneur, fait l’ornement de votre bâton pastoral, la suppression du titre d’un d’entre eux ne peut arriver sans flétrir en quelque sorte le gage de votre autorité et de votre prééminence. Faites donc refleurir une des branches curiales que le temps n’a pas respecté ! c’est Monseigneur, rendre à votre église, à votre épiscopat un titre contre lequel aucune puissance ne peut prescrire.
La demande qu’ont formé en 1741, le Seigneur et les habitants de Rumigny, pour la contribution de leur presbytère contre les suppliants, a ranimé ce zèle de jalousie qui, des pères avait passé aux enfants. Ils ne peuvent sans douleur, se rappeler que leurs pères étaient dociles à la voix de leurs curés, qu’ils ont doté, enrichi leur église d’un revenu annuel de 500 livres, que le titre de leur curé est imprescriptible, qu’il subsiste et les fonds qui y sont consacrés, qu’il est attaché à votre épiscopat … Votre Grandeur peut réunir les enfants avec les Pères en nommant un curé à Grattepanche.
C’est un voeu qui passe de la poussière du tombeau dans la bouche des suppliants. Tous demandent la paix, l’union entre deux paroisses voisines et de pouvoir s’élever devant Dieu avec le gémissement de la Colombe. Ce sont aussi vos voeux, Monsieur. Ce considéré, il plaire à votre Grandeur, conférer la cure de Grattepanche à tel des ministres du Seigneur qu’il vous plaira de nommer. Et au cas où votre Grandeur jugerait que le titre de la cure de Grattepanche doit être regardé comme ayant souffert quelque atteint, il lui plaise en tant que besoin est, ériger l’église de Saint Cyr et Sainte Julitte en bénéfice cure. Votre Grandeur apportera à cette paroisse un nouveau germe de bénédiction et de salut. Les suppliants ne cesseront dans l’ardeur de leur reconnaissance de former leurs voeux et leurs prières au Seigneur pour votre sanctification. »
Délibération du Conseil Municipal – 1839. Le plafond de l’église est en mauvais état. Délibération pour ériger l’église en « succursale »
1 – Les motifs de notre demande sont la distance de trois quart de lieues de notre église à celle de Rumigny.
2 – Une grande antipathie entre les deux Communes qui existe depuis cent ans environ.
3 – La difficulté du chemin.
4 – La Commune de Grattepanche a presbytère, église qu’elle entretient à ses dépens n’ayant aucun revenu communal.
5 – Elle a aussi un mobilier suffisant pour le service divin et nous sommes prêts à suppléer à ce qui manquera.
6 – La Commune a une population de trois cents habitants et nous transmettons notre délibération pour approbation à Monsieur le Préfet et qu’il veuille bien nous autoriser à être fait ».
1840 : Imposition extraordinaire pour réparation de la Chapelle Saint Cyr : 50 F.
– Pillage de notre église : 100 F.
– Exécuter des bancs d’église : 100 F.
– Planter de jeunes ormes sur le terrain communal : 100 F.
1843 : Le curé de Rumigny établit sa résidence à Grattepanche.
Un conseil de fabrique (*) siège à Grattepanche et se réunit pour voter des dons. Ainsi le 27 novembre 1843, le conseil de fabrique se réunit avec le conseil municipal pour voter une somme de 100 F pour l’entretien d’un vicaire et le conseil municipal s’oblige à voter la somme nécessaire pour la réparation du presbytère et de l’église.
(*) Les « fabriques » comprenaient un « conseil de fabrique », assemblée délibérante, et un « bureau » des marguilliers, organe d’exécution. A l’exception du Curé et du Maire, membres de droit, les « fabriciens » étaient d’abord nommés par l’Evêque et le Préfet, puis se recrutaient par élection avec renouvellement par moitié tous les trois ans. Le bureau des marguilliers composé du curé et de trois membres élus par le conseil exécutait les décisions prises dans les quatre sessions du conseil.
1844 : Le Conseil Municipal s’engage à placer 200 F au Trésor pour les besoins de l’église et du presbytère et voter des impositions supplémentaires si ce n’est pas suffisant. Le 10 Août 1844, le Conseil Municipal demande un prêtre. Depuis le décès du curé, c’est le Doyen de Sains en Amiénois qui vient pour les baptêmes, mariages, décès. Les enfants entre 12 et 18 ans n’ont pas fait leur communion. La Commune ne peut se payer un prêtre, elle demande que l’église soit érigée en « succursale ».
1845 : Vote d’un traitement pour un second chantre (15 F).
1846 : Rappel de la demande de « succursale », nouvel argument : la crainte de voir les habitants enchâsser une religion étrangère et l’église de Rumigny est trop exiguë pour accueillir les habitants de Grattepanche.
1848 : Réception des travaux exécutés au clocher.
1851 – 24 Mai : Lettre de l’Evêque annonçant la nomination d’un prêtre. Le 8 Septembre, installation d’un prêtre-vicaire pour la paroisse de Grattepanche : Gartel Louis VINCEY.
1853 – 13 Juillet : Arrivée d’un nouveau prêtre, Monsieur DUBOIS
Curés de Grattepanche et de Rumigny
1593 / 1597 BARRE Nicolas, Vicaire
1595 / 1600 MOITIER Louis, Vicaire
1604 / 1621 MOITIER Louis, Curé
1623 / 1649 LE VASSEUR Pierre, décédé le 28 nov 1649
1672 / 1677 DUBOIS Antoine
1678 / 1680 DEMONCHY
1680 / 1683 DUBOIS Robert, décédé le 26 juin 1685 à 72 ans
1683 / 1686 DUVAL Nicolas
1686 / 1701 DE HODENCQ Jean, décédé le 16 janv 1701
1701 / 1718 ROUSSEL Jean-B., décédé le 8 avril 1718
1718 / 1739 LHOTE François
1741 / 1762 LAMBERT Louis, décédé le 21 mai 1762
1762 / 1765 PETIT
1765 / 1791 LEFEBVRE
1791 / 1792 COZETTE
1753 POULAIN Alexis
1754 / 1756 LAMBERT Louis
1757 BELHOMME
1758 / 1761 LAMBERT Louis
1763 / 1792 HUET Jean-François, Prêtre déporté le 05/07/1792
Rumigny et Grattepanche furent servis par l’abbé SAVOY jusqu’à son décès le 9 mars 1843. En 1839, on avait ajouté Hébécourt aux deux paroisses. Il y avait un vicaire, l’abbé CAILLERET
1843 / 1859 CAILLERET, Curé des trois paroisses
« En dehors des baptêmes, enterrement et sacrements aux malades la commune de Grattepanche est totalement délaissée sous le rapport de la religion catholique. Les enfants de 12 à 18 ans sont privés de communion faute de curé, les malades et infirmes de messes…. »
Certaines familles se déplaçaient dans les communes voisines. Il semblerait que la Commune n’ait pas eu de curé de 1843 à 1851.
1852 / 1853 GARTEL, Abbé
1853 / 1863 DUBOIS, Abbé né en 1828 Curé
1863 / 1867 SENE, né en 1801 Curé
1867 / 1868 FREVILLE, né en 1789 Curé
1868 / 1897 DUCHEMIN, né en 1832 Curé
1897 / 1907 BRISSE, Abbé Curé d’Estrées sur Noye
1907 / 1920 ROSAY, Curé de Grattepanche
1920 / 1924 POIRE, Doyen de Sains
1924 / 1932 DUBOIS Alfred, Curé d’Oresmaux
1932 / 1942 LABALETTE, Curé d’Oresmaux
1942 / 1964 MANSARD, Curé d’Oresmaux
1964 / 1984 PLAQUET, Curé de Saint-Sauflieu *
1969 / 1989 LOMONT, Regroupement paroissial *
1989 / 2003 STAN, Regroupement paroissial
1990 / 2003 CALINE, Regroupement paroissial
1996 / 2003 DAMAY, Regroupement paroissial
2003 / … KIEKEN, Regroupement paroissial
* Après le départ en retraite de l’abbé PLAQUET (voir photo ci-dessous), la paroisse fut rattachée au groupement paroissial de Conty (à compter de 2003 la paroisse Saint Antoine des Monts et Vallées). L’abbé LOMONT inaugura les travaux de restauration de l’église et bénit le nouveau coq le 21 septembre 1986.
Si les membres de l’ASPEG et les paroissiens ont pris une large part à cette réhabilitation, ce patrimoine architectural appartient à la Commune et les frais incombant à cette restauration ont été pris en grande partie par la Commune, qui a bénéficié de subventions de la part de l’Etat, du Conseil Général et de la Direction Départementale des Affaires Culturelles, ainsi que de l’aide de plusieurs personnalités.
Notre église est rattachée au groupement paroissial de Conty depuis 1989 et n’est pas uniquement consacrée aux paroissiens de Grattepanche. Le groupement comprend 30 paroisses et les messes, faute de prêtre, sont dites en tournant dans l’une ou l’autre paroisse régulièrement. Les messes sont de plus en plus rares dans notre église.
Beaucoup m’ont aidé à dresser leur tableau de famille, l’aide-mémoire des grands-pères avec tous les rameaux de la descendance : un curé doit situer les individus dans leur environnement. » Abbé PLAQUET – 1993 – MA MAISON
Note : L’arbre généalogique des familles de Grattepanche aurait été d’un précieux secours ; l’Abbé PLAQUET a déménagé et ses documents se sont perdus (1995).